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De Champaigne |
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Philippe de Champaigne Vers 1645 215x170 cm Coïncidant (à un doigt près) avec la verticale du manteau de la cheminée, l'index de Gabriel a ceci d'impérieux qu'il désigne l'origine des rayons divins fondant sur Marie et actualise, dans le même temps, la salutation qu'il profère. Par son geste, l'Archange scinde l'espace de la représentation en deux parts apparemment gouvernées par une symétrie fermement établie. La rigueur toute classique de la composition, cependant, n'est affirmée que pour être altérée : en haut de la toile. Le chœur baroque des anges se diversifie, à gauche, en une théorie descendante ; à droite, en une file montante de chérubins qui observent le colloque. Chose plus frappante encore, un décalage s'est opère par rapport au plan du tableau : l'Ange occupe un point de l'espace a partir duquel pivote vers l'amère la partie gauche de la scène peinte. En bref, c'est en un lieu non raccordable au notre que Gabriel annonce à la Vierge sa prochaine maternité. Derrière la future Mère de Dieu, à côté du lutrin, se trouve un lit aux rideaux tendus, qui symbolise le mariage mystique de la jeune fille avec son Dieu-Epoux ; en retrait de Gabriel la cheminée signifie le passage entre le céleste et le terrestre. Discret détail (mais que le peintre a voulu figurer) : dans le foyer de cette cheminée se trouve un chenet, s'agit-il de voir en ce chenet, dans sa relation avec l'âtre, ce que la Vierge et l'Archange sont au foyer divin ou brille le Paraclet ? Dans la mesure où Marie et Gabriel, disposes au premier plan du tableau -comme des chenets au seuil d'une cheminée -inaugurent la nouvelle Histoire Sainte, nous inclinons à le penser. Deux sources lumineuses éclairent la composition, celle qu’on vient de dire et celle qui, accentuant le modèle des personnages, est à l'origine de l’ombre portée de Gabriel. Cette dernière, qui traverse la ligne de pierres blanches séparant la Vierge de l'Archange souligne de ce fait même la transversale qui, parallèle au plan du tableau, passe devant la cheminée. De sorte qu'au moment ou l'Annonciation opère, la Croix du Christ est déjà partie constituante de la réalité concrètement foulée par Marie et son vis-à-vis. Les yeux fixes sur le sol, la future mère de Jésus, prend la mesure de son destin. Le tableau d'autel qui possède l'émouvante austérité d'un motet de Jean Gilles ou de Marc -Antoine Charpentier fut vraisemblablement commande par Anne d'Autriche pour décorer son oratoire au Palais-royal. La finition toute flamande des objets (le lutrin), le rendu antique des drapes (notamment celui de la Vierge), le hiératisme de l'Archange au profil grec, pour ne rien dire de la janséniste retenue des couleurs (assujetties a la maitrise absolue de la ligne), font de cette Annonciation un exemple de ce que fut le « Grand goût ».
Une autre annonciation du même artiste : 1645 - 334 x 214 cm
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♫ Georg Friedrich Haendel: Le Messie (And the glory of the Lord shall be revealed)