Di Credi

 
 

Lorenzo Di Credi

Annonciation vers 1490-95 Florence,Offices.

 

Cette Annonciation est scénographiée selon trois plans qui s'organisent successivement dans la profondeur:

- tout d'abord un premier plan, "de présentation", où sont places les personnages, l'Archange Gabriel et la Vierge Marie,

- ensuite, un plan médian, celui du portique a arcatures ou sont percées trois ouvertures et quatre occuli, articulé à la loggia qui fait transition entre l'espace intérieur de la maison (domoncula) et l'espace extérieur du jardin,

- enfin, un troisième plan qui correspond au décor paysage et au ciel.

Des ensembles de lignes perpendiculaires structurent l'ensemble :

- celles qui définissent l’horizontalité du plan du sol, entre autres celui sur lequel se situe Ies deux personnages,

- celles qui définissent la verticalité, entre autres le plan (vide) qui divise symétriquement la surface en deux parties (ouverture de la porte centrale).

Un axe, sagittal, central, creuse la profondeur de champ et guide le regard vers Ies lointains. II est accompagné de deux autres "sous axes" qui, a travers Ies fenêtres (vedute), mènent à gauche et en montant vers ce qui pourrait être une église, et immédiatement à droite vers un jardin qui n'est pas sans rappeler le jardin clos (hortus concfusus) de Marie,

La prédelle commente l’épisode (Luc, 26-38) en trois séquences narratives (racontées dans le Livre de la Genèse de l'Ancien Testament):

-la naissance d'Eve (Gen. 2,22-23),

-le péché originel (Gen. 3,6),

-Adam et Eve chassés du Paradis (Gen. 3,23).

Elle justifie ainsi la nécessite de cette Annonciation : le rachat de la faute originelle par la naissance du Fils de Dieu, et le passage des Anciens vers Ies Nouveaux Temps. Elle explicite aussi, avec insistance, les correspondances et Ies relations entre Ies deux Testaments :

- en effet un archange en has et a droite repousse Adam et Eve ; un autre archange vient d'entrer dans la pièce (porte a gauche). II se retrouve au premier plan de cette scène, en tant qu'annonciateur, et rappelle l'espace fertile du jardin d'Eden, du paradis terrestre, suggéré à l’arrière-plan de la "veduta" de droite,

- la création d'Eve, en bas et à gauche, correspond à droite et en haut, au personnage de Marie, la nouvelle Eve qui inaugure l'ère de la Nouvelle Eglise (thème de Marie-Eglise),

- enfin, l'arbre du fruit défendu actualise l'axe virtuel de la perspective centrale, celle-là même qui distribue l'espace respectif de l'Ange, et de la Vierge, désignant ainsi la distance qui les sépare.

 

Retour

 

 

♫ Beethoven : Sonate pour piano Nº 8 en ut mineur, op. 13, « Pathétique » 2º mouvement