Maître de Flemalle

 

 
Maitre de Flemalle
(Robert CAMPIN, dit le)
Tryptique de Merode
vers 1425
panneau central : 64,1 x 63,2 cm; chaque aile : 64,1 x 27,3cm
New-York, Metropolitan Museum of Art, The Cloisters Collection.
 

Détails de l'œuvres : Le panneau Gauche  - La sainte vierge - la table

 

"Le retable de Merode présente une nouvelle interprétation, "réaliste" de l'Annonciation. Sur le panneau central, la rencontre de Gabriel et de la Vierge à lieu dans un intérieur flamand unifie". L'espace du volet de gauche est relie a la salle centrale par les marches et la porte entrouverte par laquelle les donateurs, représentés dans le traditionnel "jardin clos", assistent de l'extérieur a la scène miraculeuse. A droite, saint Joseph, représenté en vieux menuisier, travaille dans son atelier. L'espace n'est pas relié à la pièce centrale mais peut être perçu comme y étant attenant. Au fond, la fenêtre donne sur un paysage urbain anime, probablement une place de marche. Les trois espaces sont régis par une perspective, mais selon des modes différents : une forte accélération des fuyantes du panneau central converge vers un point de fuite élevé, produisant une vue plongeante de la scène. Vue plongeante aussi sur le volet droit. Le point de fuite se situe à la charnière des deux panneaux. L'espace des donateurs, lui, est frontal. Les différences d'échelles -donateurs, Gabriel, Marie, Joseph -, de points de vue, les approximations de l'espace central -rabattement de la table, allongement démesuré du banc -, témoignent-elles d'un traitement approximatif ou bien d'un enjeu symbolique ? L'œuvre, en tous les cas, est "conçue essentiellement en termes de rapports de surfaces et accessoirement en termes de rapports d'espaces". II en résulte une communication des trois espaces par l'espace de la représentation en même temps qu'une autonomie de l'espace central, lieu de la rencontre miraculeuse.

Cette symbiose du profane et du sacre se révèle aussi au sein des objets domestiques représentés :

dans le panneau central, le bassin et l'essuie-mains, comme la fleur de lys, renvoient à la pureté de la Vierge, le livre de prière pose négligemment sur la table, à sa piété, la bougie qui s'éteint, a la supériorité de la lumière divine sur la lumière naturelle, la chandelle unique et non consumée, sur la cheminée, est peut-être le témoignage du mariage non consomme. Sur le volet de droite, la présence de Joseph, inhabituelle dans les Annonciations, le travail qu'ii accomplit-il réalise probablement un pare-feu, comme celui du panneau central -, et surtout la souricière posée sur le rebord de fa fenêtre, font allusion à la doctrine augustinienne des Muscipofa Diabofi, selon laquelle le mariage de la Vierge et l'Incarnation du Christ avaient été organises par la Providence pour tendre un piège au diable. Ces détails traites avec naturalisme, comme la présence de Joseph représente en humble artisan dans son atelier, signe d'ailleurs de sa réhabilitation an début du 15eme siècle, ouvrent la voie a un certain "réalisme" qui déploie, par le réseau figuratif, un symbolisme déguisé. Par ce biais et en liaison au nouveau mode de représentation de l'espace, l'œuvre énoncé un nouveau discours théologique. L'Annonciation du retable de Merode instaure une formule inédite que reprendra Jan Van Eyck, notamment dans l'Annonciation du retable de Gand.

 

Une autre œuvre : Annonciation 1420; 25 x 24 cm - Un détail  

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