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Fouquet |
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Comme dans bien
d'autres œuvres de Fouquet, le décor dans lequel se déroule la scène a
autant d'importance que les personnages. La figure de Marie assise entre
deux livres, enveloppée dans le drape somptueux de son manteau bleu aux
reflets d'or et la figure de l'ange à droite (traditionnellement à
gauche), les ailes repliées, le genou à terre et la main levée, vêtu
d'une élégante tunique rouge sur sa robe blanche, ne sont pas les seules
à trapper notre imagination. Notre œil est aussi irrésistiblement attire
par la perspective parfaitement construite de la grande église gothique
qui abrite les personnages, par l'ampleur de l'espace rythme par les
piliers, les statues et les voutes. Les dimensions réduites n'empêchent
ni la profondeur de l'image ni l'espace autour des figures avec une
perspective centrale dont le point de fuite est au centre de la scène.
On peut y reconnaitre certains éléments de la Sainte Chapelle de Bourges
(comme les vitraux) et retrouver dans un ensemble de style flamand
certains détails traites à l'italienne. Cette perspective tout en
longueur est uniquement linéaire. On n'y voit pas encore cette recherche
d'un espace courbe, plus ample, qui caractérisera les œuvres suivantes.
Quoi qu'il en soit, cette perspective n'est pas uniquement géométrique,
elle a aussi une fonction symbolique. Examinons par exemple le rôle joue
par le baldaquin vert carre et par l'élément circulaire que constitue
l'espèce de gros candélabre métallique, tous deux suspendus entre les
voutes de l'église. Le premier est place au-dessus de l’autel ; le
second est pendu a la voute qui précède, mais en fait il souligne et
même unit la figure de Marie et celle de l'ange, placées
«figurativement» sous le cercle.
1450 env. miniature 16,5 x 12 cm
C'est une des plus belles miniatures de la série, caractérisée par l'accord précieux et raffiné des verts, et du rose de la tunique de l'ange, mis en valeur par le blanc de la chemise et par la couleur chaude des ailes ; le tout sur le ton ocre du carrelage. On est d'autant plus frappé par la perspective curviligne que l'étroitesse de l'espace de la pièce ne semble pas la rendre nécessaire. L'artiste en accentue l'effet avec le dessin des carreaux et le raccourci du mur de la pièce qui semble s'ouvrir vers la droite. Le point de fuite est situé à mi-hauteur à l'extrême gauche de la composition.
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♫ Jean-Baptiste Lully : Les fêtes de l’amour et de Bacchus