Van der Weyden  

 

   

Rogier Van Der Weyden

1431 ; 86x93 cm

 ( La triptyque complète 87x165 cm ; détail)

La tête inclinée du côté de l'Ange, la main droite ouverte comme pour signifier qu'elle ne saurait se soustraire à la divine sollicitation, Marie est campée de telle sorte que montent aux lèvres mêmes du croyant, en contemplation devant le tableau, ces mots rapportées par Luc :" Voici la servante du seigneur, qu'il soit fait selon ta parole."

Agenouillée devant le lit rouge qui fait office de domuncula et sur le fond duquel elle détache sa robe bleu sombre, la jeune fille se présente indubitablement dans son rôle de future Mère de Dieu. On admettra, toutefois, que si Marie est bien le personnage d'une scène qui a pour nom "Annonciation", elle se présente, aussi, comme un quasi-portrait que l'artiste aurait choisi d'insérer dans un plus grand ensemble. Si les traits de la Vierge (et ceux de l'ange, du reste) participent encore d'une certaine stéréotypie sacrée, il convient de s'interroger, en effet, sur la part de réalisme contenue dans l'élaboration des visages. Révérence gardée, la blonde Marie, les cheveux dénoués, trahirait le charme tout terrestre de quelque joli modèle...

L'aspect subtilement "fabrique" du tableau se retrouve dans la manière avec laquelle l'Ange a été lui-même introduit dans la composition. L'extraordinaire richesse de son manteau de brocart, le dessin de ses mains, et surtout son attitude, plus "flottante" qu'établie, font de Gabriel un personnage un rien déplace ; à tout le moins en "décalage" avec la calme sévérité de ce riche intérieur flamand. Comme beaucoup d'autres, mais avec un talent inégal, Rogier Van der Weyden célèbre l'Annonciation en faisant en sorte que cet inconcevable colloque apparaisse comme une "merveille" picturale ; à savoir, la mise ensemble de deux entités physiquement incompatibles – pour cette raison autonomisées – et malgré tout plastiquement conciliées.

Comme chez le Maitre de Flemalle, le tableau regorge de particularisé sur le détail desquels les spécialistes ne tarissent pas. Deux exemples :

1) Les historiens de l'art nous apprennent que, dans l'imaginaire médiéval, le feu qui brule dans l'âtre connote souvent l'ardeur diabolique de la passion charnelle (d'où la présence de pare-feux dans certaines peintures ; le paravent qui vient ici clore la cheminée, et au centre duquel se trouve dessinée la figure préventive de la croix symbolise, comme on peut le conjecturer, la chasteté de Marie.

2) Cette même chasteté est redite une seconde fois avec le petit vase sphéroïde. Ce vase laisse passer la lumière puisque, contrairement aux fruits, opaques, qui le jouxtent, son ombre translucide se projette sur le mur. II est l'attribut marial par excellence, a savoir la métaphore visuelle de la matrice virginale, intacte et cependant fécondée par le flux divin, assimilable ici a quelque rayon solaire.

 

Autres œuvres:

Extérieur de la triptyque de Bladelin 1480

Annonciation 20 x 12 cm

 

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Georg Friedrich Haendel : Le Messie (And the glory of the Lord shall be revealed)