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Le cri
1893 - Tempera sur panneau, (83,5×66cm)
Oslo, Kommunes Kunstsamlinger
Munchmseet
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"Un
soir que je marchais en suivant un chemin – d’un côté se trouvait la
ville et en dessous de moi le fjord. J’étais fatigué, malade. Je me suis
arrêté pour regarder vers le fjord – le soleil se couchait – les nuages
étaient teints en rouge, comme du sang. J’ai senti passer un cri dans la
nature ; il m’a semblé que je pouvais entendre le cri. J’ai peint ce
tableau – peint les nuages comme du véritable sang. Les couleurs
hurlaient."
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Le tableau exprime : un homme sur le pont, le visage entre
les
mains,
émettant un grand cri. Derrière lui, deux hommes limitant à notre vue le
pont, paraissant comme deux ombres. L’homme criant, a un corps en forme de
larve. Les hommes ont la taille droite, peuvent être debout ou bien se
promenant sur le pont. Le paysage autour du pont est formé de trois
parties : la terre de couleur verte, la mer en bleu foncé et le ciel est
striée de rouge et de jaune en couleur d’équinoxe, avec quelques touches de
bleu, où les stries prennent la forme d’un œil. On voit une île et deux
bateaux derrière l’île. Le pont présente une perspective qui le pousse à
sortir du tableau.
Il est rare de trouver un œuvre d’art où l’on a une vraie sensation sonore
de l’espace ou bien l’espace du son. Cette œuvre n’impressionne pas
seulement notre vue par les couleurs et les formes, mais encore nos autres
sens et en particulier l’ouïe. Une expression pareille est chez Caravage,
dans Judith1 le cri d’Holopherne est presque entendu et le cri dans Tête de
Méduse2 ; chez Bruegel encore dans Le Bailleur3 et même Le repas de noces4
est enrichi avec le son de cornemuses et La danse de la mariée en plein air5
nous impressionne de cris de joie. Munch voudrait entourer le spectateur du
son qui sort du tableau et envahit l’espace. Le cri est accentué par les
lignes du ciel, qui se rencontrent hors de la toile.
On
remarque les ondulations qui remplissent les deux tiers du tableau. Elles
commencent par le coin gauche du haut, pour sortir du tableau vers la moitié
droite, et revenir vers le bas gauche se rencontrer avec le pont. Elle prend
la forme de vagues légères au ciel paraître comme une chevelure dans la
terre. Les ondulations bleues de la mer entourent une île où flottent deux
embarcations ressemblant à des insectes qui font presque le tour de l’île.
Au ciel on a un œil qui complète les lignes, elle paraît mystique comme chez
les anciens égyptiens. Un œil qui est haut dans le ciel, comme regardant le
reste.
L’élément
principal de ce tableau est un homme en forme de larve tenant le visage par
désespoir, et imposant le thème du cri. Son corps paraît léger et se tord
par le cri. Tenant son visage comme de peur de tomber. Les couleurs de cet
homme sont ternes par contre ceux du ciel sont clairs et vivaces (couleur du
sang). On a des cavités à la place des yeux et de la bouche, comme si le cri
provenait de l’intérieur. La tête est ronde, et le menton s’allonge avec le
corps. Tous les éléments du tableau entourent ce personnage, placé debout au
milieu de la moitié inférieure du tableau. Le plus étrange est la sensation
du visage qui tient le corps, comme des masques qui racontent, et non qui
accompagnent les autres termes, ou bien une tête de momie, qui questionne le
passé. Deux ombres limitant le pont, sont comme deux observateurs qui
assistent au désespoir de ce bonhomme. Ces ombres n’expriment pas de
détails, autre qu’être distingués, à cause des chapeaux. Les lignes du
parapet font sortir le cri hors du tableau. Ils présentent avec le sol du
pont une perspective rendant la situation plus réelle. On sent que le cri a
vraiment déformé le paysage qui l’entoure.
Les couleurs de
l’ensemble pont et ce qui lui est rattaché, sont ternes par contre ceux de
l’ensemble ciel, mer et terre sont clairs et vivaces (couleur du sang, bleu
et vert). Le pont est tracé par des lignes droites, par contre le ciel, la
mer et la terre sont ligne courbe. L’homme est comme momifié et les deux
autres comme des ombres sans vie et l’autre partie est vivante. Ceci nous
présente des parties contradictoires avec d’autres.
Que pourrait dire ce
tableau ? Et pour qui, est ce cri ? Pourrait-il être d’un monde artistique
virtuel vers un monde réel qui est le nôtre ? Ou bien un étonnement en
rencontrant la réalité ? Laquelle ?
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Caravage : Judith ; 1595-1596
(144×195cm), collection Coppi, Rome.
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Caravage : Tête de Méduse ; 1596-1598
(60×55cm), Galerie des Offices, Florence.
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Peter Bruegel (le
grand) : Le Bailleur ;
1558 (12,6×9,2cm) Musées royaux des Beaux-arts, Bruxelles.
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Peter Bruegel (le
grand) : Le repas de noces ;1568 (114×163cm), Kunsthistorisches Museum, Vienne.
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Peter Bruegel (le
grand) :
La danse de la mariée en plein air ;
Peter Bruegel (le grand)
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