La première période
Fils d’un professeur de dessin, le parcours artistique
débute à partir de l’âge de quatorze ans. Dans le désert culturel de
l’Espagne du XIXe siècle, Picasso déjà est un être passionné
en quête d’une nourriture intellectuelle capable d’alimenter sa rage de
peindre. Ce stimulant on le trouve encore chez certains artistes de
cette période. Les œuvres les plus importantes de la première période
sont d’une relative diversité et représentent un panorama de la vie
sociale en ses aspects les plus contradictoires. On trouve dans cette
période des portraits des courses de taureaux vivement colorées, des
scènes de cabaret animées par des personnages populaires, des
compositions d’une force expressive dans lesquelles on voit des
réminiscences du grand expressionniste norvégien Edvard Munch, des
portraits de femmes, enfin des figures anonymes où l’influence du
modern-style est tempérée par une stylisation plus rude que chez ses
compatriotes.
Le premier voyage de Picasso à Paris fut en 1900. Il
traite les mêmes thèmes qu’à Barcelone, et donne libre cours à sa fougue
et façonne des surfaces chatoyantes comme des pierreries ; il juxtapose
en de violents contrastes des rouges et des verts, bref il aboutit
rapidement à une sorte de pré-fauvisme, se livrait comme Matisse qu’il
connaissait déjà, aux mêmes audaces.
Comme chez les fauves en 1905, Picasso utilise cette
exaspération du chromatisme comme la suite logique de l’impressionnisme.
Les œuvres de cette période contiennent des forts contrastes de
couleurs.
Dès la fin de 1901 la ligne se fait souple et sinueuse,
presque symbolique, visant en tout cas plus à produire un certain effet
psychologique qu’à cerner une forme. Ce sont des Maternités
dont la silhouette est noyée dans les plis de vastes capes.